Le syndrome prémenstruel, et si on arrêtait de le banaliser ?
Santé en Vrac – 27 février 2026
Par Audrey Hébert-Auger, naturopathe, propriétaire de Santé en Vrac, maman et passionnée de santé au naturel.

Chaque mois, pendant près de 35 à 40 ans de la vie d’une femme, le cycle revient. Fidèle. Puissant. Parfois doux… parfois franchement difficile.
Et pourtant, on a longtemps normalisé le fait de souffrir.
Crampes. Fatigue écrasante. Fringales incontrôlables. Douleurs aux seins. Irritabilité. Sautes d’humeur. Tristesse profonde. Parfois même des symptômes anxieux ou dépressifs marqués.
On appelle ça le SPM.
Mais derrière ces trois lettres, il y a souvent un déséquilibre physiologique bien réel.
Aujourd’hui, on va comprendre ce qui se passe. Et surtout, quoi faire concrètement.
Ce qui se joue vraiment dans le corps
Le syndrome prémenstruel n’est pas seulement une “question d’hormones féminines”.
C’est une question d’équilibre global.
1. Le ratio estrogènes / progestérone
En phase prémenstruelle, plusieurs femmes présentent :
- Une dominance en estrogènes
- Une diminution de la progestérone
Le ratio devient trop élevé.
Et ce déséquilibre peut amplifier :
- Sensibilité mammaire
- Rétention d’eau
- Irritabilité
- Fatigue
- Symptômes dépressifs
Mais ce n’est pas tout.
2. Le stress et le cortisol
Le cortisol, hormone du stress sécrétée par les glandes surrénales, influence directement l’équilibre hormonal.
Un cortisol trop élevé peut :
- Perturber la progestérone
- Affecter la thyroïde
- Amplifier l’anxiété
- Intensifier les symptômes psychologiques du SPM
Le stress chronique est un déclencheur majeur.
3. La thyroïde
Une thyroïde qui fonctionne au ralenti peut contribuer à :
- Fatigue accrue
- Sensibilité émotionnelle
- Rétention
- Cycles plus difficiles
Les hormones sont interconnectées. Rien ne fonctionne en silo.
4. Le foie et les intestins
Le foie transforme et élimine les estrogènes.
Les intestins les évacuent.
Si le foie est surchargé ou si la flore intestinale est déséquilibrée, les estrogènes peuvent être réabsorbés.
Résultat, on entretient la dominance.
Un terrain digestif en santé est essentiel.
Les piliers alimentaires pour diminuer le SPM
On ne parle pas ici de solution miracle.
On parle d’environnement hormonal favorable.
Réduire la charge en estrogènes
- Diminuer les produits animaux, surtout transformés
- Prioriser le poisson et la volaille biologique
- Éviter les pesticides et herbicides le plus possible
Ces substances imitent les estrogènes et s’accumulent dans les tissus graisseux.
Stabiliser la glycémie
Une alimentation riche en sucre est associée à un taux d’estrogènes plus élevé.
- Réduire le sucre raffiné
- Favoriser les fibres
- Équilibrer protéines, bons gras et glucides complexes
Moins de pics glycémiques, moins d’instabilité hormonale.
Intégrer le tempeh
Le tempeh, soya fermenté, contient des phytoestrogènes doux.
Ils se fixent aux récepteurs d’estrogènes et peuvent aider à moduler l’excès tout en protégeant les cellules des xénoestrogènes environnementaux.
La fermentation améliore sa tolérance digestive.
Diminuer la caféine
Particulièrement en cas :
- D’anxiété
- De dépression
- De douleurs mammaires
La caféine est fortement associée aux symptômes psychologiques du SPM.
Hydratation et minéraux
Eau
Hydratation quotidienne recommandée :
Poids en kg x 0,035 = litres d’eau par jour.
Une femme de 59 kg devrait viser environ 2 litres.
Réduire le sel si rétention
Surtout en phase prémenstruelle.
Augmenter le potassium
On le retrouve dans :
- Fruits et légumes frais
- Haricots
- Graines entières
Le potassium aide à contrebalancer la rétention.
Bouger pour réguler le cycle
Les femmes actives souffrent moins fréquemment de SPM que les femmes sédentaires.
L’activité physique :
- Réduit l’anxiété
- Améliore l’humeur
- Diminue les douleurs
- Stabilise la glycémie
- Favorise l’élimination
Pas besoin d’intensité extrême.
La régularité est la clé.
Soutenir le foie naturellement
Les aliments soufrés sont précieux :
- Choux cuits
- Oignons
- Poireaux
- Ail
Ils soutiennent les voies de détoxification hépatique.
Santé intestinale
Éviter la constipation est essentiel.
- Fibres suffisantes
- Probiotiques de qualité
Une flore équilibrée limite la réabsorption des estrogènes.
Les nutriments clés du SPM
Vitamine B6
L’excès d’estrogènes augmente les besoins en B6.
Idéalement sous forme de pyridoxal-5-phosphate.
Un complexe B contenant au moins 50 mg de B6 peut être pertinent, selon la situation individuelle.
Magnésium
Les globules rouges présentent souvent un taux plus bas chez les femmes souffrant de SPM.
Une carence peut se manifester par :
- Nervosité
- Instabilité émotionnelle
- Douleurs
- Sensibilité mammaire
Les besoins thérapeutiques peuvent atteindre environ 12 mg par kilogramme de poids corporel.
Le magnésium est un pilier.
Oméga-3
Les huiles de poisson riches en EPA :
- Réduisent l’inflammation
- Améliorent l’humeur
- Favorisent une meilleure fluidité sanguine
La qualité du supplément est primordiale.
Et si on changeait notre regard?
Le SPM n’est pas une fatalité.
Ce n’est pas “dans ta tête”.
Ce n’est pas non plus une faiblesse.
C’est un signal.
Un signal que ton corps demande plus d’équilibre, plus de soutien, plus de cohérence entre ton mode de vie et ta physiologie.
Quand on nourrit bien le foie, les intestins, les glandes surrénales, la thyroïde et les nutriments essentiels…
le cycle devient souvent plus doux.
Pas parfait.
Mais plus respecté.
Un mot pour toi
Si chaque mois est vécu comme une épreuve, sache qu’il existe des pistes concrètes.
Pas pour contrôler ton corps.
Mais pour l’accompagner.
Ton cycle n’est pas ton ennemi.
C’est une boussole.
Et parfois, il suffit de l’écouter autrement.
Audrey, alias La Naturo Imparfaite
L'équipe de Santé en Vrac



